Atelier de sensibilisation sur la migration Imprimer
2/12/2017 11:41:10 AM - Publié par maison.presse@yahoo.fr  


Former les journalistes sur la thématique
Le phénomène de la migration, même s’il est vieux que le monde reste aujourd’hui une préoccupation pour les pays du monde et prend de plus en plus, une forme criminelle qui exige une réponse appropriée de leur part afin de bien le gérer. Cette situation les a poussés à mutualiser leur force afin de lui donner non seulement un visage humain mais aussi en faire un moyen de développement. C’est ce qui justifie l’atelier de formation des journalistes du 18 au 19 janvier 2017, organisé par la Maison de la presse avec la collaboration de la Coopération Danoise et le Consortium (IMS-IPAO-Article 19). Un atelier qui s’inscrit dans le programme d’appui aux médias au Niger


En effet, la migration demeure une préoccupation et sa complexité impose à certains pays comme le Niger une situation de paradoxe. Malgré le fait qui ait ratifié les protocoles de la CEDEAO et de la CEN-SAD sur la libre circulation des personnes et des biens, il est obligé de jouer les gendarmes en violation de ses propres principes d’hospitalité légendaire. Cet atelier va permettre aux journalistes d’échanger avec les spécialistes pour une meilleure sensibilisation des populations.



Selon M. Ibrahim Harouna, président de la Maison de la Presse, la situation alarmante de la migration doit interpeller l’ensemble de l’humanité. Les statistiques mondiales estiment entre 185 à 192 millions, le nombre de migrants internationaux et ce nombre évolue de 2% tous les ans. Au même moment, on constate que les mêmes statistiques indiquent que l’argent injecté par les migrants dans leurs pays d’origine est au moins égal, sinon supérieur aux aides financières des pays riches en direction des pays pauvres. Ce paradoxe explique pourquoi, il est nécessaire et important que les journalistes comprennent le phénomène afin de le traduire dans leur mission de former et d’informer.



M. Djibril Seydou,  Assistant  Technique IMS-IPAO-Article 19 a orienté son intervention dans la même dynamique en appelant les journalistes à un professionnalisme qui ne souffrira d’aucune faiblesse selon lui « .. un mauvais traitement de l’information fait le lit, très souvent à la construction d’un sentiment de peur, de violences et de suspicions. » Il dira par la suite que le migrant ou le refugié est avant tout un être humain : il a des droits et des devoirs, il a le droit au respect de son humanité+, de sa dignité. Pour cela, les journalistes sont invités à comprendre la thématique afin d’aider les populations.



Le directeur de Cabinet du ministre de la communication M. Bori Seini a pour sa part abordé aussi dans le sens d’une véritable prise de conscience du phénomène de la migration en soutenant la position du Niger dans la gestion rationnelle de la migration.



Durant les deux jours, des spécialistes des questions de la migration ont échangé avec les journalistes sur la thématique. Pour M. Hamza Abdoul Aziz, magistrat et associé à la détermination de statut de réfugié UNCHR, le phénomène de la migration relève de la responsabilité de l’Etat et le mandat de UNCHR n’est pas d’aider les migrants mais de prendre en en charge des immigrants qui ont un statut. M. Hamza  a défini  l’immigration  dont la finalité est économique et le refugié qui cherche une protection (une personne ou groupe social persécuté), il a expliqué le fonctionnement des Organismes des Nations Unies sur la migration et le devoir de l’Etat en matière de la migration.



Le communicateur et journaliste M. Albert Cheibou a présenté la situation de la migration au Niger, la perception et les extrapolations sur le phénomène. Il a expliqué comment les journalistes doivent traiter la thématique et surtout d’éviter les stéréotypes diffusés par certains medias occidentaux qui diabolisent les migrants en lieu et place des faits. Selon lui, il est important que les journalistes  fassent preuve  d’un travail professionnel en soulevant les vraies questions autour de la thématique et surtout avoir un regard critique tout en donnant la parole aussi aux migrants.    



Pour le juriste, Secrétaire général de la CNDH, M. Ali China, la situation des migrants est difficile et très complexe. Il a expliqué à travers un film documentaire, la situation inhumaine que vivent des migrants. Pour lui, les causes qui poussent les jeunes à chercher le bonheur à ailleurs est sans contexte la mal-gouvernance. Si les Etats anticipent à travers les projets et programmes la prise en charge des jeunes,  la migration prendrait une autre forme. Il en profite pour lancer un appel à l’implication des  hautes autorités nigériennes, régionales et  continentale.



La contribution du journaliste Modibo Amadou sur une expérience vécu viendra enrichir les échanges autour de la migration.



Au terme des deux jours des recommandations ont été formulées pour la gestion rationnelle de la question. 



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